DES PRISONNIERS NORD-COREENS TEMOIGNENT AUX NATIONS UNIES.
Les premiers ex-prisonniers nord-coréens qui aient jamais témoigné devant les Nations Unies au sujet des horreurs de l’emprisonnement dans leur pays ont été présentés par la baronne COX qui présidait la conférence, la première jamais réunie sur la Corée du Nord à la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme.
Cette conférence a été organisée dans le but de pousser la Commission à adopter sa toute première résolution sur la Corée du Nord, résolution qui a été effectivement adoptée en avril 2003.
Un ancien prisonnier, Kang Chul Hwan, avait juste neuf ans quand sa famille et lui-même furent emprisonnés par les autorités pour un crime politique que son grand-père été censé avoir commis. Il n’a jamais su de quel crime il s’agissait. Pendant les dix années suivantes, Kang a passé le reste de son enfance et son adolescence à subir de terribles brutalités, témoin impuissant lorsque ses amis mouraient de coups de pied, de travaux épuisants et de faim.
Il dit aux délégués : « Un tiers des enfants mouraient de malnutrition. Pour survivre, j’ai mangé des rats, des cafards et des serpents. Des enfants disparaissaient purement et simplement du camp. Je ne peux pas comprendre comment il est encore là et c’est une honte immense pour toute l’humanité que ces camps de concentration soient encore tolérés. Je lance un appel pour qu’une équipe internationale des droits de l’homme enquête sur l’application de ces droits en Corée du Nord. »
Lee Min Bok est un ex-prisonnier nord-coréen, ingénieur généticien en agronomie, qui fut envoyé dans un camp de prisonniers après avoir tenté de fuir en Chine. II a survécu à de terribles brutalités des gardes en Chine et en Corée du Nord.
Il dit aux délégués : "La situation alimentaire était si mauvaise que le cannibalisme était tout à fait répandu. Une femme qui venait d’accoucher avait si faim qu’elle mangeait son propre nouveau-né. Des frères mangeaient leurs propres frères afin de survivre."
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"Il n’y avait ni installations sanitaires ni douches et votre corps devenait plein d’insectes. J’avais des dizaines de milliers de poux sur moi."
Monsieur Lee dit qu’il doit remercier la pression internationale pour sa libération. "Je parle aujourd’hui comme quelqu’un qui est passé tout près de la mort », dit-il. « Je porte le fardeau d’innombrables autres personnes qui n’y échapperont pas. Je vous adjure d’intervenir dans cette situation de toute urgence."
Résumant les dépositions, la baronne COX déclara : « Nous avons entendu un catalogue sinistre et sérieux de violations extrêmes des droits de l’homme en Corée du Nord et en Chine, avec des descriptions de souffrances qui dépassent presque l’entendement. Nous tous qui avons le privilège de vivre dans la liberté avons une obligation morale d’utiliser notre liberté pour influencer la communauté internationale afin d’essayer de mettre fin à d’aussi épouvantables souffrances et traitements dégradants pour l’homme. »
Un militant coréen qui prit la parole à la conférence dit : « Nous rêvons depuis des années de témoigner aux Nations Unies sur les droits de l’homme en Corée du Nord. Nous vous sommes tellement reconnaissants d’avoir permis à ce rêve de se réaliser. »
CSW a joué un rôle moteur en faisant pression pour l’adoption de cette résolution ; CSW a aussi fait pression pour que la formulation de la résolution soit adéquate, en recommandant avec succès que le texte soit renforcé, qu’on y introduise les questions essentielles et qu’on y intègre des contrôles et des rapports plus généraux et quantifiables. Cet investissement s’est révélé fructueux car la motion a été adoptée à une majorité significative.
Les représentants de JSM ont aussi pris contact avec trois ex-prisonniers, deux Nord-Coréens et un Chinois.
Plan d’action de JSM :
Continuer à informer le public sur les violations des droits de l’homme en Corée du Nord.
Rechercher des experts français sur la Corée du Nord, qui se joindraient à l’équipe d’enquêteurs des Nations Unies.